Articles Complication Horlogère

Complication Horlogère : La Seconde Morte

On appelle complication tous les mécanismes horlogers rendus compliqués de par leur conception et leur fonctionnement. Cette désignation s’applique à toutes les fonctions autres que l’affichage de l’heure et des minutes. Il existe une pluralité de complications horlogères, toutes plus prestigieuses et fascinantes les unes que les autres. Une montre peut abriter une multitude de complications comme le fameux tourbillon, la seconde morte ou même la phase de lune.

Ces montres compliquées sont aujourd’hui prisées des amateurs de beaux garde-temps mécaniques, qui réclament des montres toujours plus compliquées, témoignant un savoir-faire digne des plus grandes Maisons horlogères.

The Watch Apprentice se propose de vous exposer les principales complications horlogères dans cette chronique hebdomadaire, pour que ces fonctions compliquées n’aient plus de secrets pour vous ! À chacune des complications citées, nous avons essayé d’attribuer une Maison horlogère dont un ou plusieurs de ses garde-temps font écho à ladite complication. Aujourd’hui, c’est la seconde morte que nous allons étudier !

LA SECONDE MORTE : UNE COMPLICATION TROMPEUSE

Par définition, la seconde morte correspond à l’aiguille des secondes immobile tant que la seconde n’est pas écoulée. Son mouvement est donc saccadé à l’inverse d’une aiguille des secondes glissante, qui est présente sur presque tous les mouvements mécaniques. 

Vous l’aurez compris, d’apparence cette complication fait écho au mouvement à quartz qu’on distingue de prime abord du mouvement mécanique grâce à l’attitude de l’aiguille des secondes. Par conséquent, on pourrait légitimement penser qu’un garde-temps avec une seconde morte, renferme un mouvement à quartz, bien moins prestigieux que le fameux mouvement mécanique.

Mais alors pourquoi doter ses précieux garde-temps d’une seconde morte si c’est pour que ces derniers soient perçus comme quartz ? 

Tout d’abord il est bon de rappeler que cette complication, d’apparence insignifiante, témoigne d’une réelle prouesse technique en horlogerie mécanique. Ensuite, la seconde morte a été pensée au XVIIIe siècle pour assurer la précision d’une mesure de temps courts, fonction première du chronographe qui n’existait pas encore. On doit cette création à l’horloger suisse Jean-Moïse Pouzait, qui en 1776 dépose à la « Société des arts de Genève » ce qu’on pourrait qualifier de mémoire, décrivant les principes d’une montre à seconde morte indépendante. La seconde morte indépendante peut être enclenchée et stoppée à volonté, sans perturber la bonne marche du mouvement car son fonctionnement dispose d’un rouage indépendant de celui des heures et des minutes. Cette invention de Jean-Moïse Pouzait entraînera la création du chronographe qui améliorera significativement la précision de la mesure d’un laps de temps. Ainsi, J-M Pouzait est donc légitimement le père de la seconde morte mais aussi l’un des précurseurs du chronographe. 

Mais si avant l’arrivée des montres à quartz, la seconde morte était hautement appréciée et recherchée, ce n’est plus le cas aujourd’hui, où le simple fait que le garde-temps mécanique soit considéré comme quartz, repousse les amateurs d’horlogerie. Mais cela n’empêche pas certaines Maisons horlogères de perpétuer cette prouesse technique aux travers de leurs créations, à l’instar de la « Grande Seconde Morte » de Jaquet Droz ou de la « Tourbillon Souverain Bleu » signée FP Journe.

Jaquet Droz Grande seconde morte 
et la FP Journe Tourbillon Souverain Bleu

Découvrez aussi